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Financer la reprise d'une entreprise : prêt bancaire, crédit vendeur et prêt d'honneur

Une reprise d'entreprise se finance par un montage : un apport personnel d'environ 30 % du besoin en moyenne, un prêt bancaire sur 7 ans qui couvre rarement plus de 70 % du prix, souvent un crédit vendeur et des prêts d'honneur. La banque vérifie que la capacité d'autofinancement tirée des comptes existants couvre largement les remboursements.

Mis à jour le Lecture 8 minPar l'équipe Bizplan

En bref
  • Le besoin d'une reprise inclut le prix, les droits d'enregistrement (3 % puis 5 % pour un fonds de commerce), les frais, le stock et une trésorerie de départ.
  • L'apport couvre en moyenne environ 30 % du besoin, prêts d'honneur compris, selon Bpifrance Création.
  • Le prêt bancaire de reprise dure en général 7 ans et finance rarement plus de 70 % du prix.
  • Le crédit vendeur porte en général sur 30 à 50 % du prix, sur un à trois ans, mais tout se négocie.
  • La garantie transmission de Bpifrance couvre en général 50 % du prêt, jusqu'à 70 % avec la Région.
  • La capacité de remboursement se calcule sur l'EBE retraité des trois derniers exercices.

Comment financer la reprise d'une entreprise ?

La reprise d'une entreprise se finance presque toujours par un montage qui combine plusieurs sources : votre apport personnel, un prêt bancaire, souvent un crédit vendeur, un ou plusieurs prêts d'honneur, et une garantie Bpifrance ou France Active qui couvre une partie du risque de la banque. Aucune source ne suffit seule : c'est leur équilibre que le banquier évalue.

Le montage doit financer bien plus que le prix de vente. Un repreneur doit aussi payer :

  • les droits d'enregistrement : pour un fonds de commerce, 0 € jusqu'à 23 000 € (un droit fixe de 25 €), 3 % entre 23 000 et 200 000 €, puis 5 % au-delà, selon le barème en vigueur en 2026 ;
  • les frais d'acte et de conseil : avocat, expert-comptable, éventuellement évaluateur ;
  • le stock, souvent racheté à part, à sa valeur au jour de la cession ;
  • les investissements de remise à niveau : matériel vieillissant, mise aux normes, petits travaux ;
  • une trésorerie de départ, pour payer fournisseurs et salaires avant les premiers encaissements.

Ces éléments forment le plan de financement initial, le tableau qui met en face les besoins et les ressources. C'est la première chose que lira votre banquier.

Quel apport faut-il pour reprendre une entreprise ?

Pour une reprise, l'apport personnel couvre en moyenne environ 30 % du besoin total, selon Bpifrance Création, en comptant les prêts d'honneur qui s'y ajoutent. Le reste est financé par la dette : prêt bancaire et crédit vendeur.

Le prêt bancaire de reprise couvre rarement plus de 70 % du prix d'acquisition. Plus votre apport est faible, plus la banque demandera des garanties ou un crédit vendeur important pour partager le risque. Plusieurs leviers permettent de renforcer l'apport :

  • l'épargne personnelle et, le cas échéant, le déblocage anticipé de l'épargne salariale ;
  • le capital de l'aide à la reprise ou à la création d'entreprise (ARCE), soit 60 % de vos droits restants à l'allocation chômage, si vous y avez droit ;
  • les prêts d'honneur, personnels et à taux zéro, apportés ensuite dans l'entreprise ;
  • l'entrée d'associés ou de proches au capital.

Le guide sur l'apport personnel détaille ces sources et les montants que les banques attendent en général.

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Comment fonctionne le prêt bancaire de reprise d'entreprise ?

Le prêt bancaire de reprise est un prêt professionnel amortissable, en général sur 7 ans, qui finance une partie du prix et des frais. Il est accordé à la société qui rachète (ou à l'entrepreneur en nom propre) et se rembourse avec la trésorerie que dégage l'entreprise reprise.

La banque demande presque toujours des garanties :

  • le nantissement du fonds de commerce ou des titres achetés : la banque peut les faire vendre si le prêt n'est pas remboursé ;
  • une caution personnelle du repreneur, souvent limitée en montant et en durée ;
  • une garantie Bpifrance : pour une transmission, elle couvre en général 50 % du prêt, et jusqu'à 70 % quand la Région intervient aux côtés de Bpifrance ;
  • une garantie France Active, qui peut couvrir jusqu'à 80 % du prêt sous conditions, pour certains publics et projets.

Ces garanties ne remplacent pas un bon dossier : elles réduisent la perte de la banque en cas d'échec, mais la banque doit d'abord être convaincue que l'entreprise peut rembourser. Pour les reprises plus importantes, Bpifrance accorde aussi des prêts de transmission aux côtés de la banque. Les dispositifs sont présentés sur le site de Bpifrance Création.

Qu'est-ce que le crédit vendeur et comment le négocier ?

Le crédit vendeur est un paiement échelonné d'une partie du prix, accordé par le cédant au repreneur. Au lieu de recevoir tout le prix le jour de la vente, le vendeur accepte d'en percevoir une partie plus tard, avec ou sans intérêts.

Selon Bpifrance Création, il porte en général sur 30 à 50 % du prix et dure un à trois ans, sans que ces fourchettes soient obligatoires : tout se négocie. Il présente trois avantages :

  • il réduit le montant à emprunter auprès de la banque ;
  • il rassure le banquier : un vendeur qui accepte d'être payé plus tard croit en la solidité de l'entreprise qu'il cède ;
  • il engage le cédant dans la transition, puisqu'il a intérêt à ce que l'entreprise continue de bien fonctionner.

En contrepartie, le vendeur peut demander des garanties : privilège du vendeur sur le fonds de commerce, nantissement des titres ou caution personnelle. Faites relire ces clauses par votre avocat. Attention au calendrier : un crédit vendeur court s'ajoute aux échéances bancaires des premières années, au moment où l'entreprise est la plus fragile. Un différé de quelques mois ou une durée un peu plus longue peut faire une vraie différence.

Peut-on obtenir un prêt d'honneur pour une reprise ?

Oui, les prêts d'honneur sont ouverts aux repreneurs, avec souvent des montants plus élevés qu'en création. Réseau Entreprendre propose un parcours reprise avec des prêts d'honneur de 15 000 à 50 000 €, et environ 39 % des entrepreneurs soutenus par Initiative France en 2025 étaient des repreneurs. Bpifrance peut compléter ces prêts avec son prêt d'honneur Création-Reprise, jusqu'à 80 000 €.

Le prêt d'honneur est personnel et à taux zéro : vous le remboursez sur votre rémunération, puis vous l'apportez dans la société, ce qui augmente l'apport sans endetter l'entreprise. Pour 30 000 € sur 5 ans, comptez 500 € par mois sur vos revenus personnels. Le guide dédié au prêt d'honneur présente les réseaux et le passage en comité.

Comment évaluer la capacité de remboursement à partir des comptes existants ?

La capacité de remboursement d'une entreprise reprise se calcule à partir de ses comptes réels, corrigés de ce qui va changer après la reprise. C'est l'avantage d'une reprise sur une création : le banquier part de chiffres constatés, pas d'hypothèses.

La méthode suit quatre étapes :

  1. Partir de l'excédent brut d'exploitation (EBE) moyen des trois derniers exercices. L'EBE est ce que l'activité dégage avant amortissements, frais financiers et impôts.
  2. Retraiter l'EBE, c'est-à-dire le corriger : si le cédant ne se versait pas de salaire (entreprise individuelle), déduisez la rémunération dont vous aurez besoin ; ajustez un loyer qui va augmenter, un salarié qui part, un contrat qui disparaît.
  3. Calculer la capacité d'autofinancement (CAF) : le résultat net après impôt, auquel on rajoute les amortissements, qui ne sont pas une sortie d'argent.
  4. Comparer la CAF aux remboursements d'emprunt. Un repère souvent cité : les remboursements en capital ne devraient pas dépasser 50 à 70 % de la CAF, pour garder une marge en cas d'imprévu.

Le prix lui-même se discute à partir de ces chiffres. Il est souvent exprimé en multiple de l'EBE retraité, ou en pourcentage du chiffre d'affaires dans certains métiers. Ces repères varient fortement selon le secteur et l'emplacement : faites valider l'évaluation par un expert-comptable. Le calcul de la CAF est détaillé dans le guide sur la capacité d'autofinancement.

Exemple chiffré : le montage de la reprise d'une boulangerie

Voici le montage complet de la reprise d'une boulangerie exploitée en entreprise individuelle, dont le fonds de commerce est vendu 280 000 €. Le chiffre d'affaires est de 560 000 € HT et l'EBE moyen de 120 000 € avant rémunération de l'exploitant.

Plan de financement de la reprise d'une boulangerie (exemple)
BesoinsMontantRessourcesMontant
Prix du fonds de commerce280 000 €Apport personnel65 000 €
Droits d'enregistrement9 310 €Prêts d'honneur (Initiative et Bpifrance)30 000 €
Frais d'acte et de conseil6 690 €Crédit vendeur (15 % du prix, 3 ans, 2 %)42 000 €
Stock6 000 €Prêt bancaire (7 ans, 4,5 %)192 000 €
Renouvellement de matériel12 000 €
Trésorerie de départ15 000 €
Total329 000 €Total329 000 €

Le prêt bancaire représente 69 % du prix, et l'apport augmenté des prêts d'honneur 29 % du besoin total. Les droits d'enregistrement suivent le barème : 3 % de 177 000 € (5 310 €) plus 5 % de 80 000 € (4 000 €). Le taux de 4,5 % est une hypothèse de calcul.

Capacité de remboursement de la première année (exemple)
LigneMontant
EBE moyen avant rémunération120 000 €
Rémunération du repreneur, charges sociales comprises− 42 000 €
EBE retraité78 000 €
Amortissement du matériel (5 ans)− 2 400 €
Intérêts d'emprunt de l'année 1− 8 870 €
Impôt sur les sociétés (15 % puis 25 %)− 12 430 €
Capacité d'autofinancement56 700 €
Capital remboursé en année 1 (banque et vendeur)37 600 €
Part de la CAF consacrée au remboursement66 %

Les trois premières années sont les plus tendues : les échéances cumulées atteignent environ 46 500 € par an, car le crédit vendeur s'ajoute au prêt bancaire. À partir de la quatrième année, seul le prêt bancaire reste, et la part de la CAF consacrée au remboursement tombe sous 50 %. Le prix représente 3,6 fois l'EBE retraité : si le banquier juge la marge trop faible, la négociation portera sur le prix, la durée du crédit vendeur ou un apport plus élevé. Pour tester ce type de montage sur vos propres chiffres, le simulateur gratuit donne la mensualité et une note de solidité du dossier ; Bizplan produit ensuite le prévisionnel complet de la reprise sur 3 ans.

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Questions fréquentes

Quel apport pour reprendre une entreprise ?

L'apport couvre en moyenne environ 30 % du besoin total pour une reprise, en comptant les prêts d'honneur, selon Bpifrance Création. Un apport plus faible reste possible avec un crédit vendeur important ou de solides garanties, mais le dossier devient plus difficile à faire accepter.

Sur combien d'années emprunter pour une reprise d'entreprise ?

Le prêt bancaire de reprise est en général accordé sur 7 ans. Une durée plus longue réduit la mensualité, mais la banque la refuse souvent pour un fonds de commerce ou des titres. Le crédit vendeur, lui, se rembourse le plus souvent sur un à trois ans.

Le crédit vendeur est-il obligatoire ?

Non, il dépend de l'accord du cédant. Il est cependant fréquent et apprécié des banques, car il réduit le montant à emprunter et montre que le vendeur croit en l'entreprise qu'il cède. Il se négocie avec le prix, la durée et les garanties demandées par le vendeur.

Vaut-il mieux racheter le fonds de commerce ou les parts sociales ?

Racheter le fonds de commerce permet de repartir avec une structure neuve, sans reprendre les dettes passées, mais les droits d'enregistrement sont plus élevés. Racheter les titres reprend la société entière, avec son historique, et suppose un audit des comptes et une garantie d'actif et de passif. Faites trancher ce choix par un avocat ou un expert-comptable.

La banque finance-t-elle le stock et la trésorerie lors d'une reprise ?

Oui, le stock et une trésorerie de départ peuvent être inclus dans le plan de financement, souvent avec un prêt plus court ou une part d'apport plus importante. Oublier ces postes est une erreur fréquente qui met l'entreprise en tension dès les premiers mois.

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